Tuesday, May 21, 2013

“Si Saïd Fofana ne fait pas avancer le dialogue, qu’il s’en aille !” dixit Bahfischer Interview…

Posted on October 14, 2012
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La semaine passée, au cours d’une conférence de presse tenue à la Maison de la presse sise a Coleyah ; le président du PNR a demandé la démission du Premier ministre Saïd Fofana. Dans l’interview qui suit, Alpha Bahfischer revient à la charge et apporte des éclaircissements sur cette sortie médiatique que beaucoup prennent pour un acharnement contre Saïd Fofana.

Read MoreAminata.com : En vous prononçant tout à l’heure sur la loi relative à la parité au sein de la CENI, vous avez réclamé l’ouverture rapide du dialogue social tout en réclamant la démission du Premier ministre s’il n’y parvient pas pour permettre d’organiser les législatives. Pourriez-vous apporter des éclaircissements sur ce point ?

Alpha Bahfischer : Vous savez, cette loi est une bonne initiative puisque ce sont les représentants du peuple de Guinée au CNT, issus de toutes les couches sociales, de tous les corps de métiers, de la classe politique et des confessions religieuses, qui l’ont initié et voté. En plus, même si le chef de l’Etat pouvait ne pas être d’accord, il l’a promulgué quand même pour satisfaire une exigence majeure de certains partis de l’opposition radicale afin que les élections législatives puissent se tenir au plus vite. Mais il y a un hic qui risque de la rendre inefficace pour la simple raison que, si un dialogue direct entre pouvoir et opposition n’est pas engagé immédiatement en présence des institutions républicaines et des représentants de la communauté internationale, il va s’en dire que les commissaires de l’opposition, une fois nommés, vont remettre sur la table  le problème de la Sagem – Waymark, le problème du vote des Guinéens de l’étranger ou peut être, qui sait ?, le logo et le nom de la CENI, voir même le siège de la CENI sous prétexte que Lounceny Camara l’aurait miné par des missiles occultes pour faire gagner le pouvoir.

Sachant que la CENI est indépendante et c’est elle qui doit fixer la date des élections, je vois mal comment ils arriveront à fixer une date dans les plus brefs délais avec autant de revendications. Vous me comprenez ? Donc le pouvoir exécutif sera dans l’attente d’une date sans pouvoir se mêler du débat interne à la CENI et cette attente peut alors durer une éternité. C’est pourquoi, nous avons demandé que le Premier ministre, Saïd Fofana convoque ce dialogue direct ou de la dernière chance avec obligation de s’entendre. Je veux dire qu’au cours de ce dialogue, les derniers points seront discutés et cela avant que le Chef de l’Etat ne signe le décret de nomination des membres de la CENI, sinon une fois à la CENI nous allons assister à un nouveau blocage volontaire de la part de l’opposition radicale. Le Premier Ministre a tous les pouvoirs de le faire conformément à l’article 58 de la Constitution. Cette rencontre devrait permettre à l’opposition et au pouvoir de dire ce qu’ils acceptent d’office et ce qu’ils acceptent malgré eux dans l’intérêt que la Guinée sorte de cette phase critique qui ébranle nos paisibles populations qui ne souhaitent que vivre dans une démocratie apaisée et sécuritaire. Il faut absolument que Mohamed Saïd Fofana sorte de son silence pour jouer son rôle de Premier ministre en charge du dialogue social pour épauler les efforts du chef de l’Etat. S’il ne peut pas, alors qu’il démissionne ! Donc vous comprenez où se situe mon inquiétude. Moi, je suis convaincu que ceux qui vont être nommés, ce seront des commissaires commandos qui n’obéiront à aucune forme de consensus que chaque bloc va envoyer pour le représenter à la CENI pour éviter le syndrome de transfugeur qui avait contaminé les anciens commissaires. Voici les vrais dangers qui se pointent à l’avenir et c’est cela qui inquiète le PNR.

Aminata.com : Et si on excluait le PNR de la CENI, qu’elle va être votre position?

Alpha Bahfischer: Notre position va simplement être républicaine car nous sommes un parti respectueux des lois et des institutions de la République. Pour cette valeur qui nous est chère au PNR, nous allons accepter de ne pas faire partie de la CENI  pour  cette fois. Et  comme cette position nous permettra d’aller aux élections, alors nous l’assumerons avec fierté. Mais si on voulait simplement faire le trouble-fête on pouvait aussi dire que le PNR arrivé 9ème sur 24 partis à l’élection  présidentielle de 2010, doit forcement être à la CENI pour parler ou non de ses militants et sympathisants face à des partis qui ne sont jamais allés à une quelconque élection ou à des partis qui ne représentent que l’ombre de leurs statuts et règlements comme l’UFC de Aboubacar Sylla, l’alliance FDP de Badikko, le NFD de Mouctar ou encore l’UPG de Doré, ou encore des partis de sac comme le PS de Bayo ou l’ADN  de Telly.

En allant sur cette base, on devrait laisser, comme l’a dit Sidya Touré, les partis majeurs représentatifs du peuple comme le RPG arc-en-ciel, l’UFDG, l’UFR ou à la limite le PEDN, le GPT, le NGR, l’UPR et bien sûre le PNR, être à la CENI.

Aminata.com : Au PNR, êtes-vous prêts et confiants pour les législatives?

Alpha Bahfischer: Laissez-moi vous rassurer que nous sommes aujourd’hui la 4ème force politique du pays après le RPG Arc-en-ciel, l’Ufdg et l’Ufr. Je suis sûr que nous allons surprendre beaucoup au moment des législatives car aujourd’hui la jeunesse guinéenne sait pour qui elle va voter. Je suis sûr qu’elle choisira dans sa grande majorité les valeurs qu’incarne le PNR. Au second tour de l’élection présidentielle nous sommes le seul parti qui n’a pas voulu marchander des postes administratifs au détriment de l’unité des guinéens. Aujourd’hui encore nous sommes le seul parti qui appelle les uns et les autres à accepter de perdre une représentation à la CENI pour que nous puissions organiser les législatives.

Aminata.com : Le PPTE en poche, comment  jugez-vous la gouvernance Alpha ?

Alpha Bahfischer: Vous avez la preuve que la gouvernance économique est 100 pour cent une réussite. Vous savez autant que moi que tous les gouvernements depuis celui de Sidya, de Cellou Dalein à celui de Kouyaté, tous ont cherché l’atteinte de l’initiative PPTE, mais par manque de vision et d’incapacité à bien gérer aussi bien nos ressources que les syndicats et la société civile, ils ont raté. Aujourd’hui, le professeur Alpha Condé ayant hérité d’un pays par terre, sans crédit international, l’a obtenu en un an et demi avec les mêmes conditions que les autres n’ont pas pu respecter auparavant. Pour un parti responsable comme le nôtre, une meilleure gestion de notre pays même par un concurrent politique, doit être salué et encouragé car c’est un acquis commun. Aujourd’hui, ce point atteint peut permettre au chef de l’Etat, avec son nouveau statut de président d’un pays crédible et moins endetté, non corrompu et mieux géré, de lever des sommes considérables aussi bien au niveau des pays amis qu’au niveau des institutions financières mondiales.

Aminata.com : Cela vous rassure?

Alpha Bahfischer: Ce qui est surtout rassurant, c’est le Forum économique qui vient d’être organisé et qui a permis de tirer dans l’expérience des autres pour ne pas que cette poussée financière nous conduise vers un mal-développement comme dans certains pays. Vous savez très bien que le service de la dette qui supportait environ 150 millions de dollars par an et qui devait être remboursé, sera maintenant reversé dans des projets de développement qui pourront améliorer les conditions de vie de nos populations. Au vu de tout cela, je peux affirmer que la Guinée est sur le bon chemin.

Aminata.com : En quoi l’accès à l’intitiative PPTE peut-elle consolider la gouvernance économique ?

Alpha Bahfischer: Je viens juste de vous dire que l’annulation de la dette prouve que la Guinée est mieux gérée qu’hier. Vous savez, lorsqu’on hérite d’un pays classé pauvre et très endetté à cause d’une mauvaise gouvernance passée et qu’en 18 mois on lui retrouve un statut de Pays crédible moins endetté (PCME), je pense que tout guinéen patriote doit être fier de l’exploit du président Alpha Condé. Grâce à lui la Guinée est devenue crédible et fréquentable. Avec ce nouveau statut différent du statut de Pays pauvres et très endettés, la Guinée peut, au-delà de l’allégement du service de la dette qui se solde par le non-remboursement de 1100 milliards de GNF par an, lever des fonds. D’ailleurs, laissez-moi-vous dire, bientôt un sommet financier sur la Guinée va se tenir dans les pays arabes et cela juste après les législatives.

Aminata.com : Mais Alpha doit encore faire des concessions pour être sur le chemin qui mène aux législatives. Est-ce votre avis ?

Alpha Bahfischer: Ecoutez ! Le président de la République, dans son souci d’aller vers des élections apaisées a accepté plusieurs points de revendication de l’opposition dont, au lieu du recensement intégral afin que les 420.000 guinéens qui avaient été oubliés par la Sagem soient intégrés, a accepté la révision partielle comme la souhaité l’opposition. Il a fait libérer tous les militants de l’opposition radicale arrêtés lors de manifestations non-autorisées; il a accepté le report de la date des élections proposée par la CENI, jugeant celle-ci inacceptable pour des élections crédibles et avait immédiatement demandé à la même CENI de convoquer les acteurs politiques pour les rassurer sur la fiabilité du processus électoral par des démonstrations concrètes. Il a instruit son Ministre de l’Administration du territoire d’engager un dialogue direct avec tous acteurs politiques pour trouver un consensus sur les divergences, mais malheureusement, encore une fois, la même opposition radicale est venue avec un esprit de va-t-en guerre avec comme objectif de ne rien céder dans leurs revendications pour que ce dialogue soit un échec. Il a accepté la modification de l’article 162 qui diminue les pouvoirs du président de la CENI afin que celui-ci ne soit plus en mesure de faire annuler un bureau de vote. N’ayant rien obtenu d’eux, il a décidé de recevoir au Palais Sèkoutouréya, les leaders politiques de l’opposition pour échanger avec eux sur la situation du pays afin que l’on puisse aller vers les législatives.

Malgré tout cela, le chef de l’Etat a accepté que l’Organisation Internationale de la Francophonie – OIF – audite la CENI et l’operateur Waymark. A travers cet audit, l’OIF a constaté quelques insuffisances techniques dues à la mauvaise foi de la Sagem qui refuse de faire transférer ses données vers Waymark. Pour cela l’OIF a demandé la mise en place d’une Commission de veille pour surveiller le processus en présence de tous les acteurs politiques. Enfin il a accepté une dernière revendication en introduisant un projet de loi qui permet la représentation paritaire à la CENI entre mouvance et opposition.

Malgré tous ces points concédés par le chef de l’Etat, cette opposition radicale continue à faire des revendications pour simplement empêcher notre pays d’aller vers des législatives qui permettront davantage de crédibiliser la Guinée. Pour le moment, cette opposition refuse toutes formes de concessions constructives pour sortir la Guinée de la transition car au vu de leurs dernières revendications anticonstitutionnelles, le vote des guinéens de l’étranger pour les législatives, la non présence des représentants du MATAP au sein de la CENI et la révocation de Waymark malgré les recommandations de l’OIF. Que voulez vous encore qu’il cède?
Propos recueillis par Oumar M,Boh  pour Aminata.com

 

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