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à Conakry, Guineé
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N'Zérékoré: Après les violences, le calme revient dans la cité !

Une importante mission du CNDD et du gouvernement conduite par le Ministre de l'agriculture et de l'élevage, colonel Bouréma Condé et comprenant le Secrétaire général des affaires religieuses, Dr Koutoubou Moustafa Sana, l'archevêque de Conakry, Mgr Vincent Koulibaly, le 2è Imam de la Grande Mosquée, Elhadj Mamadou Saliou Camara et des cadres de leurs départements respectifs, est arrivée dans la capitale de la région forestière le samedi 6 janvier 2010.

Le but de cette mission est de trouver les voies et moyens pour ramener les différents esprits au calme, dialogue et à l'acceptation suite au banal incident qui a opposé une femme venant d'un marché forain et un agent de la police communale il y a de cela quelques jours.

En effet, la femme a voulu traverser un espace où des musulmans accomplissaient leur prière du vendredi dans le quartier Gnai-Kpama 2, zone de l'ancien hôtel "Forêt sacrée" où une mosquée est implantée. Nombreux sont des commerçants musulmans qui y accomplissent leur obligation religieuse pour des raisons de proximité. Le policier chargé de veiller sur le lieu lui en a empêché. Des échauffourées se sont produites et la femme s'en est sortie avec une blessure et aurait perdu 80 Kg de riz, 2 000 000 GNF et autres objets. Elle a été admise à l'hôpital. Par la suite, des excuses ont été présentées à la dame et ses pertes remboursées. L'agent de la police communale a été arrêté. L'affaire aurait été close après des séances de négociations. La ville aurait repris son rythme normal.

Selon nos sources, à la suite des différentes rencontres tenues pour restaurer le climat de paix dans la ville, l'autorité aurait pris la décision d'interdiction d'occupation des rues pour fin de prières. Les religieux auraient transmis cette décision à la base, c'est à dire les fidèles musulmans. Ce qui aurait été rejeté par les jeunes. Et commencèrent les troubles dans la ville ce vendredi 5 janvier. Le bilan a été regrettable: 2 morts dont 1 brûlé vif, des blessés, des maisons, des bars, cabarets et débits de boisson détruits. Un couvre-feu instauré de 19 h à 5 h du matin puis élargi pour toute la journée. Les activités arrêtés et aucune circulation autorisée. Une banale altercation a tendance à se transformer en conflit religieux et/ou ethnique. Pourquoi? La réponse sera plus tard. 

L'autorité locale est intervenue. Les forces de l'ordre ont pris position dans toute la ville avec des tirs sporadiques pour décourager les badauds et autres trouble-fête.

Informé, le président de la transition a aussitôt envoyé la mission. Dès son arrivée, la mission conduite par le colonel Bouréma Condé après avoir obtenu les premiers éléments, a adopté une approche qui a fait sa recette. Séries de rencontres avec les religieux et la notabilité. Ainsi, la mission s'est répartie en trois groupes : l'archevêque s'est rendu à l'évêché, le secrétaire général des affaires religieuses et 2è Imam à la grande mosquée et le chef de mission chez le doyen de la ville Molou Hazali Zégbélémou.

Personne n'a fermé l'oeil pendant toute la nuit du samedi au dimanche. Colonel Bouréma Condé en intelligent négociateur, connaissant le terrain pour avoir dirigé les destinées de la préfecture et de la région, appuyé par les religieux sages, attentifs et patients, a tenu sans désemparer des rencontres avec les notabilités, les fidèles musulmans et chrétiens, les jeunes et tout ce qui pouvait amener à l'apaisement. De conciliabules en conciliabules, la tension a fini par baisser. Chaque partie a été chargée de restituer à sa base les différentes démarches menées et les résultats obtenus. Les esprits se sont calmés. Cependant, les jeunes exigent la libération du policier arrêté.

Aux dernière nouvelles, un communiqué signé par le gouverneur de région et lu à travers les ondes des radios rurale et privée Liberté FM, invite chacun à la reprise de ses activités ce lundi 8 janvier 2010 à partir de 7 heures. Un comité de suivi est mis en place.

Au moment où mettons en ligne cet article, un important meeting présidé par le colonel Bouréma Condé se tient à la maison des jeunes où toutes les sensibilités sont présentes.

Le climat de paix, de coexistence pacifique, d'acceptation de la différence a été instauré grâce aux efforts des uns et des autres. Zalikolé, capitale de la région forestière, zone de production par excellence,  accueille depuis des siècles des ethnies et des religions diverses. Il y a une interpénétration des communautés. Nulle part en Guinée, il ne saurait y avoir un guinéen étranger. De Lola à Koundara, de Forécariah à Siguiri, chaque guinéen est chez lui partout où il se trouverait. Il est libre d'accomplir ses obligations religieuses. Personne n'est plus autochtone que l'autre. C'est le taux de participation au développement de l'entité dans laquelle on vit qui détermine l'importance de l'individu. Il est temps pour nous de bannir ce débat de nos occupations.

Hady GUISSE, pour aminata.com
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