Conférence-débat : La voix de Me Lamine Sidimé ne passe pas
Mise à jour le Jeudi, 12 Avril 2007 12:19
Le premier Président de la Cour suprême de Guinée, Me Lamine Sidimé était l'invité de la structure de communication qui a organisé la rencontre.
Le président de l’Alliance Busness Communication, Almamy Sékou Soumah a noté que cette conférence débat sur les droits et devoirs du citoyens vient pour lever une équivoque : la confusion que les citoyens entretiennent entre les notions de droits et de devoirs. Ce qui pousse la plupart d'entre eux a réclamé beaucoups plus de droitS que de devoirs.
Pour faire de la Guinée un état de droit, a t-il insisté, il faut combler ce vide en multipliant ces genres de rencontres.
Pour commencer, le conférencier Dr Makaréna, Professeur de Droit à l'université de Sonfonia à plancher sur l'historique des droits de l'homme en s'appuyant notamment sur la déclaration française de 1789.
Puis suivront les parties sur la consécration des droits et devoirs en Guinée, la protection des droits et devoirs, la problématique de la violation des droits et devoirs de l'homme et les pistes de réflexion.
Dans son intervention, le conférencier a mis l'accent sur la responsabilité individuelle et celle de l'état. Son constat, c'est que l'état et les intellectuels qui sont censés respecter la loi n'en font qu' à leur guise.
Et le malheur, dira le Pr. Makanéra, c'est l'argent qui est plus fort en Guinée "même si vous avez raison, si vous n’êtes pas financièrement bien assis, c'est le plus riche qui gagne toujour le procès", a t-il noté.
Pour Me Lamine Sidimé, les citoyens pensent que la loi c'est toujours pour les autres et non pour soi.
A ce niveau, dira t-il, "il faut une prise de conscience généralisée pour que l'on fasse la part des autres."
"Pendant la grève, les citoyens se sont attaqués aux commissariats, postes de police et de gendarmerie et autres lieux publics. On a aussi sorti des prisons les malfaiteurs qui sont en conflit avec la loi. Ce qui n'est pas normal", affirme Me Sidimé.
Avant d'ajouter que les textes de loi guinéenne sont l'un des meilleurs en Afrique. Et ce sont ces propos du président de la cour suprême qui ont mis de l'huile sur le feu.
En effet, l’occasion faisant le larron, les participants ont saisi l’opportunité pour reprocher entre autres à Sidimé de défendre le régime du général Conté, dont il est l’un des bénéficiaires et acteurs majeurs.
En ce qui concerne les textes de lois, les participants affirment que le président de la cour suprême ne doit pas être juge et parti. C'est lui l'auteur principal de l'élaboration de ces textes de lois.
Donc, il ne doit pas apprécier son travail en lui qualifiant de meilleur à la place des citoyens, s’indignent les participants.
Les étudiants aussi lui reprochent de ne s'intéresser qu'à l'argent au lieu de la formation des jeunes. "Il a été pendant 20 ans professeur de droit au Sénégal. Arrivé chez lui en Guinée, il a préféré les postes juteux. C'est dommage", remarquent-ils.
Pour terminer, le conférencier, Dr Makaréna a mis un accent particulier sur la responsabilité collective. On ne peut pas demander à tout le monde d'apprendre la loi, mais chacun doit faire un effort pour connaitre le maximum de lois de chez lui.
Depuis Conakry, une dépêche de Almamy Kalla Conté, Correspondant Permanent d’aminata.com
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