La démission du Premier ministre Cheickh Modibo Diarra intervient à un moment où la crise malienne est loin de trouver sa solution. La question qui revient aujourd’hui sur toutes les lèvres c’est de savoir si cette démission est loin seulement du capitaine Sanogo ou bien si c’est dû à une succession des difficultés au sommet de l’Etat. Une question qui mérite d’être posée surtout qu’on sait que les militaires n’ont pas encore dit leurs derniers mots dans le pays. Le centre des décisions est incontestablement dans le quartier général de l’ex Chef de la junte.
A ceci s’ajoute les divergeances au tour de la résolution de la crise malienne entre ceux qui soutiennent et ceux qui s’opposent à une intervention armée. Or, Cheickh Modibo Diarra n’a jamais caché sa détermination pour une intervention militaire dans le Nord afin de déloger les rebelles et autres mouvements islamistes armés.
Cette démission qui intervient au moment où ses groupes armés renforcent leurs positions démontre à suffisance que la crise ne se situe pas seulement entre militaires et civils. Elle reste très profonde et touche à la fois la direction de l’Etat, la classe politique et la société civile. Mais, il reste incontestable que l’influence de l’armée dirigée par le Capitaine Sanogo reste de taille. L’arrestation pendant quelques heures auparavant du premier ministre par un groupe de militaires en dit long. Personne pour l’instant ne peut dire qu’est-ce qui s’est passé avec l’ex-Chef de la junte avant que Cheickh Modibo Diarra ne recouvre sa liberté et n’annonce sa démission.
La réaction du Président de la transition est toujours attendue. Mais même si Djonkounda Traoré s’exprimait sur la question ce ne sera ni pour déplorer le fait ni pour s’en réjouir officiellement. Car, lui même est vu par une partie de l’opinion comme un homme à la solde des militaires. Le Chef de l’Etat intérimaire malien affiche une méfiance en vers le Capitaine Sanogo depuis qu’il a été agressé au Palais de Koulouba par un groupe d’hommes.
L’intimidation qui est l’arme du Capitaine Sanogo pourrait porter un coup dur à la résolution de la crise. Car, on se rend compte que la gestion des affaires est toujours entre les mains de l’ex junte. L’arrestation suivie de la démission de Cheickh Modibo  ne devrait laisser la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations Unies indifférentes. Ceci démontre que le problème malien est entier et exige des solutions urgentes appropriées qui puissent enfin soulager les populations du Nord victimes d’abus de toutes sortes. Ce qui pourrait sauvergarder la paix dans la région Ouest africaine dans un environnement de démocratie et respect des droits de l’Homme.
Elhadj Abdoulaye DIALLO pour Aminata.com


















































































































































































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