Thursday, May 23, 2013

Les bars cafés sont les pôles d’attraction des chômeurs

Posted on January 29, 2013
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Même si l’avènement d’un régime civile avait suscité beaucoup d’espoir au sein des populations guinéennes toutes tendances confondues, surtout chez les jeunes diplômés, avec à sa tête avec à sa tête un Président Démocratiquement élu, en la personne de l’opposant historique du nom de Pr. Alpha Condé qui, pendant la campagne était très riche en paroles et en promesses.

Aujourd’hui, ils sont nombreux ces jeunes guinéens à tirer le diable par la queue. Le plus souvent pour se faire plaisir et oublier les soucis qui les rongent, la plupart des ces jeunes se rencontrent dans les bars cafés qui, par ces temps qui courent, sont devenus des véritables pôles d’attraction des jeunes diplômés n’ayant pas encore
trouvé le premier emploi, des jeunes désœuvrés ou ayant perdu leur emploi et autres fonctionnaires à la retraite.

 

Dans ces lieux, chacun évoque ses difficultés rencontrées dans sa vie quotidienne. En plus d’être des lieux de prédilection des hommes moins ou non occupés, ces bars cafés sont pour la plupart le berceau des bonnes ou mauvaises rumeurs qui alimentent Conakry et ses environs.

Le plus souvent, la politique, le foot, le procès des présumés coupables dans l’attaque de la résidence privée du Président de la République et le comportement de certains agents de Force de Défense et de Sécurité sont au rendez-vous des discussions.

 

Certains fustigent le pouvoir en place pour la non mise en place d’une politique adéquate pour l’emploi des jeunes. Un jeune diplômé en comptabilité et gestion, à la quête du premier emploi qui était optimiste à l’avènement de la troisième République, dit de n’avoir plus d’espoir en Guinée. Parce que dit-il ” Je ne sais pas combien de fois j’ai déposé des dossiers dans les différentes entreprises et autres sociétés publiques et privées de la place pour trouver enfin un premier emploi. Mais en vain”. Un autre lui répond. “Peut-être, c’est parce que vous n’avez pas réussi dans les différents tests qui vous ont été soumis”. Il rétorque en disant: “même un coup de fil, je ne jamais reçu de la part de l’hypothétique employeur”. Avant d’enchaîner
“notre pays est trop corrompu. Si tu n’a pas de relation ou un parent bien placé dans l’administration du pays, même si tu es diplômé de la Sorbonne, Oxford ou Harvard, tu te coucheras sur tes diplômes et continuer à galérer comme si tu n’avais jamais fréquenté l’école”.

D’autres bien que chômeurs, continuent à espérer des lendemains meilleurs dès que les élections législatives seront organisées pour mettre fin à la transition. “Moi, j’étais employé en qualité de chaudronnier dans l’usine de l’alumine de Fria. Actuellement je galère. Mais j’espère recommencer mon job de Fria si l’usine redémarre ou de trouver un emploi ailleurs après les élections. Car c’est à partir de là que les investisseurs étrangers pourront installer leurs sociétés ou entreprises en Guinée. Et mieux comme je crois en Dieu, tant que je vis j’espère à des lendemains meilleurs”.

 

S’agissant du procès des présumés coupables de l’(attaque de 19 juillet, les plus pessimistes y voient une parodie de justice et une violation des Droit de l’homme pure et simple par les forces de Défense et Sécurité. Car à leurs yeux cette attaque est un montage et tous les accusés interrogés par les magistrats affirment avoir fait l’objet des traitement inhumains et dégradant à l’interrogatoire.

“Moi ce qui me fait surtout mal, ce que nos forces de Défense et Sécurité ont la gâchette facile contre les citoyens Guinéens. Depuis l’indépendance de la Guinée à nos jours, seul Dieu connaît le nombre des Guinéens tués par les hommes en tenue. Ils n’ont aucun égard pour la vie et sécurité du Guinéen”, s’indigne un jeune qui avait perdu un grand frère lors des évènements douloureux du 28 septembre 2009.

En plus de ces jeunes diplômés, il y a des jeunes désÅ“uvrés, dont certains ont abandonné l’école par manque de moyens dont les parents n’ont pas les possibilités de nourrir les familles et soutenir les  enfants qui fréquentent l’école. D’autres, ont tout simplement abandonné les études et n’ont pas voulu apprendre un métier, parce qu’ils rêvent un jour de se retrouver sur l’autre rive de la Méditerranée ou de l’Atlantique. A défaut faire le commerce pour être riche à l’image de certains de leurs parents qui sont devenus aujourd’hui des grands argentiers à Madina qui est le plus grand centre commercial du pays.

 

Pour les vieilles personnes à la retraite, n’ayant plus rien à faire comme travail ou occupation, elles trouvent ces lieux comme mieux adaptés pour échanger et tuer le temps au lieu de passer toute la journée à errer ou à se terrer à la maison. Ces discussions et autres échanges sont certes forts enrichissants. Mais fort malheureusement, parfois, elles finissent par les disputes et même aux coups de poings.

C’est donc le moment et le lieu de demander aux parents de prendre leurs responsabilités pour faire occuper ces jeunes avant qu’ils ne s’habituent aux travers sociaux que sont: l’alcool, la drogue…qui aujourd’hui, sont devenus des fléaux qui gangrènent dangereusement la société guinéenne.

Quant aux autorités, il serait souhaitable qu’elles agissent maintenant. Et ce, en construisant des écoles professionnelles et
définir une politique adéquate pour l’emploi des jeunes. Ceci, pour absorber cette malheureuse jeunesse qui si l’on y prend garde, chaque jour que Dieu fait continue à s’enfoncer dans le gouffre de l’ignorance et autres pervers sociaux. C’est la façon la plus sincère de concrétiser l’amour de la Guinée et de ses fils. Si toutefois, on reconnait et on est conscient que c’est la jeunesse qui est l’avenir de demain.

 

Bah Ibrahima Gallé, Aminata.com
gallebah@gmail.com
64-04-07-70

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Politique