Saturday, May 25, 2013

L’an II du Pr. Alpha Condé: un bilan mitigé

Posted on December 21, 2012
Alpha Condé

21 décembre 2010, 21 décembre 2012. Deux ans depuis l’investiture du Pr. Alpha Condé à la Présidence de la République de Guinée, après 40 ans de lutte politique. Mais que peut-on retenir des ces deux ans de l’opposant historique arrivé à la tête de la Guinée suite aux élections présidentielles de 2010. Mais que peut-on retenir de ces deux ans de la première mandature du Pr. Président?

Dans les lignes qui suivent, nous essayerons tant soit peu, de faire un bilan de deux ans de règne de celui-là qui disait sans lui la Guinée ne pourrait jamais connaitre un réel développement économique, social et démocratique. Mais après deux longues années de règne, avec presque le même gouvernement, le constat est plus qu’alarmant car rien n’a bougé. Le bilan est globalement négatif. La souffrance et les lamentations des populations se sont accrues face à une pauvreté endémique.

 

En effet pour mieux cerner le bilan du Pr. Président Elhadj Alpha Condé, revenons sur quelques promesses faites aux Guinéens pendant  la campagne présidentielle et peu après son arrivée au Palais Sékhoutouréyah.

Il avait promis aux populations qui gémissent toujours dans le carcan de la misère, l’eau potable, de l’électricité, la sécurité, la réconciliation nationale, l’emploi des jeunes diplômés avec un ordinateur portable pour chacun, l’organisation dans les meilleurs délais les élections législatives pour en finir avec la transition qui n’a que trop duré. Il avait aussi promis de rattraper en cinq le retard de plus 50 ans. A cela s’ajoute la lutte contre la corruption, le développement de l’agriculture et le bitumage des routes inter-urbaines. Mais en deux ans aucune de ces n’a été réalisée.

 

Sur le plan social, pas de l’eau, pas de l’électricité. Jamais dans l’histoire, les Guinéens n’étaient à une telle rareté du quotidien. Jamais dans l’histoire, les Guinéens n’étaient aussi divisés. Les différentes communautés qui composent la Guinée ont toujours vécu ensemble et ont tout partagé. Le Président Alpha Condé de faire de la réconciliation nationale l’une de ses priorités, opte pour la stratégie de diviser pour mieux régner. Tous ses propos sont ceux d’un opposant. Depuis sa prise de fonction, il n’a jamais tenu un discours rassembleur.

Quant à l’insécurité, en dépit des barrages nocturnes érigés çà et là par les Forces de l’ordre, les bandits qui disposent toujours d’une puissance de feu redoutable, opèrent là ils veulent sur toute l’étendue du territoire guinéen. La liquidation de la Directrice nationale du trésor public Mme Aissatou Boiro par des hommes en uniforme le 09 novembre dernier en pleine capitale en est parfaite illustration.

 

Sur le plan politique; c’est toujours l’impasse. Il n’y a pas non plus de progrès démocratique. Depuis deux ans on tourne en rond sans pouvoir organiser les élections législatives. Pourtant entre les deux scrutins, la loi n’autorise que six mois. Le peu de consensus qui existait sous les anciens régimes n’est plus là. Le choix unilatéral de l’opérateur sud africain Way Mark par le Chef de l’Etat constitue la pomme de discorde entre le pouvoir et la classe politique guinéenne. En deux ans l’opposition a enterré plus 15 de ses militants qui sont tombés sous les balles des Forces de l’ordre. Toujours dans les rangs de l’opposition, après chaque manifestation, il y a eu des centaines d’arrestations arbitraires et des condamnations. Et ce, après une parodie de justice qui ne roule qu’à la vitesse présidentielle.

 

Sur le plan administratif, comme le disait un homme politique de la place lors d’une conférence de presse, la Guinée ne dispose d’un Gouvernement de développement mais d’ un Gouvernement de campagne. Le choix des cadres administratifs n’est nullement basé sur la capacité intellectuelle ou expérience professionnelle. Mais sur l’ethnie. Tout cadre ou citoyen qui ne souffle pas dans la même trompette que le parti au pouvoir est considéré comme un ennemi à abattre. Les populations, en plus de la pauvreté qui les assaille, sont bafouées dans leurs droits, leur dignité et dans leurs libertés individuelles et collectives. Partout où les populations manifestent, en dépit du droit que leur accorde la constitution, la répression brutale par les Forces de l’ordre est toujours soldée par mort d’hommes et plusieurs arrestations. C’est le cas de Zoghota, Gueckédou pour ne citer que ceux-là. Les Préfets et sous préfets sont transformés en véritables agents électoraux au profit du parti au pouvoir. Ils veulent habiller tous les Guinéens les couleurs du RPG arc-en-ciel. Actuellement la Guinée est engagée dans un processus de démocratie populaire d’un autre âge.

 

Sur le plan économique, à part l’atteinte de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE), qui désendette la Guinée, qui est le fruit d’un processus de 12 ans et qui est souvent brandi comme un trophée de guerre par les membres du Gouvernement que dirige Said Fofana. Pourtant le PPTE n’est pas une fin en soi. Surtout que rien n’est encore entrepris pour en faire profiter aux pauvres populations. Si l’unicité de la caisse de l’Etat au trésor a été profitable, c’est bien sûre à la famille présidentielle.

Et mieux depuis l’arrivée du candidat du RPG arc-en-ciel à la magistrature suprême du pays, on détruit l’emploi au lieu d’en créer comme l’ont fait Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire ou Ernest Baye Kroumah de la Sierra Léone. Selon des sources bien informées depuis l’investiture du candidat du RDR à la Présidence ivoirienne, plus de 500 mille jeunes diplômés ont trouvé de l’emploi. Pour la Sierra Léone, c’est 100 mille emplois qui ont été créés depuis fin 2010.

 

Par contre en Guinée, c’est le nombre des chômeurs qui a augmenté. Et ce ne sont pas les travailleurs de l’usine d’alumine de Fria, des Grands moulins de Guinée, de Enco5, de Société des Télécommunications de Guinée (Sotelgui) qui diront le contraire. Presque tous les géants miniers ont la clef à la porte. C’est le cas de BHPbillintion et VALE.

Dans l’ensemble, les deux ans du Pr Président Elhadj Alpha Condé, ont été plus destructif que constructif pour la Guinée et les Guinéens. C’est ce qui explique les souffrances des populations et le ras le bol généralisé. Mais c’est connu de tous que les meilleurs opposants ne sont pas forcément les meilleurs Présidents. Le cas de Laurent Bagbo, de Me Abdoulaye Wade et maintenant Alpha Condé est illustratif.En tout cas pour l’heure, la montagne n’a fait qu’accoucher d’une sourie car l’Alpha-gouvernance est loin de répondre aux attentes des Guinéens. Les deux ans du Pr. Alpha se résument en: pauvreté, l’obscurité et le recul démocratique.

 

Bah Ibrahima Gallé, Aminata.com
64-04-07-70
gallebah@gmail.com

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