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Accord climatique : Le plus dur reste à faire !

Ce n'était pas l'accord qui avait été souhaité. Mais dans la nuit du 18 au 19 décembre, alors que près de deux semaines de négociations houleuses risquaient de se solder par un échec, un accord limité a finalement été conclu par une trentaine de dirigeants, sur les 120 gouvernements ou presque représentés à la conférence des Nations Unies sur le changement climatique.

Au terme de négociations souvent chaotiques et désordonnées, les représentants des pays présents ont, faute de parvenir au consensus nécessaire pour l’adopter officiellement, « pris note » de l’Accord de Copenhague. Les principaux pays industrialisés, ainsi que la Chine, l'Afrique, les pays les moins avancés et de nombreux autres pays se sont déclarés favorables à ce texte, à contre-cœur pour certains et avec des réserves pour beaucoup.

« Nous souhaitions un accord complet, juridiquement contraignant », a déclaré le Président de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, exprimant l’opinion partagée par les représentants de nombreux pays, « mais nous acceptons les progrès accomplis ». Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a reconnu que « l’Accord de Copenhague ne répond peut-être pas à toutes les attentes ». Cependant, a-t-il souligné, « c’est un début – un début essentiel ».

Réduire les émissions de gaz à effet de serre

Bien avant la conférence de Copenhague, de nombreux gouvernements et défenseurs de l'environnement s'étaient fixé comme objectif d’adopter un nouvel accord international qui succéderait au Protocole de Kyoto de 1997, lequel arrivera à expiration en 2012. Ce protocole fait obligation aux pays industrialisés qui y ont adhéré de réduire considérablement leurs émissions de gaz polluants « à effet de serre », qui contribuent au réchauffement planétaire. Parce que les Etats-Unis n'avaient pas signé le Protocole de Kyoto et que la Chine et d'autres « économies émergentes » qui produisent également de grandes quantités de gaz à effet de serre n'étaient pas obligées de réduire leurs émissions, beaucoup espéraient qu'un nouvel accord juridiquement contraignant s’appliquerait à ces différents pays et serait assorti d’objectifs chiffrés conduisant à d’importantes réductions des émissions.

Mais à mesure que la conférence approchait, il est apparu de plus en plus clairement qu'un tel accord ne bénéficiait pas d’un appui suffisant. L’Accord de Copenhague témoigne en revanche d’une « forte volonté politique » de combattre le changement climatique, au moyen de « réductions importantes des émissions à l'échelle mondiale » qui limiteraient à 2 degrés Celsius la hausse de la température mondiale moyenne, par rapport au niveau de l’époque pré-industrielle (cette hausse est maintenant d’environ un degré). Les pays industrialisés et les pays en développement sont invités à annoncer chacun les réductions d'émissions et autres efforts qu’ils prévoient de faire à cette fin.

En plus de souligner l'absence d'objectifs chiffrés précis et obligatoires, un certain nombre de détracteurs de l’accord ont également contesté la limite de 2 degrés Celsius. Les représentants des petits États insulaires en développement ont quant à eux demandé une limite de 1,5 degré, estimant que toute hausse supérieure de la température entraînerait une montée inquiétante du niveau de la mer et menacerait leur survie même. L’Accord de Copenhague reconnaît qu'une limite de 2 degrés pourrait ne pas être suffisante et préconise de réévaluer cet objectif d'ici à 2015.

Indépendamment des lacunes de l'accord, bon nombre de pays ont considéré que la participation des États-Unis, de la Chine et d'autres pays à l'Accord de Copenhague constituait un pas en avant.

Promesses de fonds

L'Afrique et d'autres régions en développement estiment depuis longtemps que, les grandes nations industrialisées ayant le plus contribué au réchauffement planétaire, elles devraient en assumer les coûts. Les pays pauvres comptent bénéficier d'une assistance financière importante, à la fois pour s’adapter aux effets du changement climatique et pour favoriser un développement économique qui ne nuise pas à l'environnement.

L'Accord de Copenhague entérine ce principe. Les pays développés s'engagent à fournir aux pays en développement des « ressources nouvelles et supplémentaires » pouvant aller jusqu'à 30 milliards de dollars pendant trois ans (de 2010 à 2012). Des fonds destinés aux mesures « d’adaptation » seraient affectés en priorité aux pays les moins avancés, aux petits États insulaires en développement et à l’Afrique.

L’accord a fixé pour objectif d’accroître le financement accordé  jusqu’à atteindre environ 100 milliards de dollars par an en 2020,  à condition que les pays en développement prennent leurs propres mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et veiller à une utilisation transparente des fonds extérieurs.

Certains représentants de pays en développement souhaitaient un financement beaucoup plus élevé. L’Union africaine avait estimé avant le sommet que l’ensemble des pays en développement aurait besoin de 67 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour s’adapter aux effets du changement climatique, en plus de 200 milliards par an pour réduire les émissions, passer à des sources d’énergie plus propres et préserver leurs forêts.

Mais lors de la conférence, le Premier Ministre éthiopien Meles, qui représentait l’Union africaine, n’a cité que les chiffres les plus bas, qui ont en fin de compte été retenus dans l’accord. Il a reconnu que sa proposition allait décevoir certains Africains mais a estimé qu’il valait mieux restreindre les attentes de l’Afrique, « en échange d'un financement plus fiable et d'une participation à la gestion de ces fonds ».

Mais pour de nombreux pays, la disponibilité de ces fonds n'est pas garantie. Le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, souhaitait obtenir l’assurance que ces fonds ne seraient pas prélevés sur les budgets actuels de l’aide au développement, tandis que d’autres participants ont rappelé les nombreuses promesses non tenues des donateurs.

Source : Afrique Renouveau – Nations Unies,
www.un.org/AfricaRenewal

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