gototopgototop
à Conakry, Guineé
Contacter : amadou@aminata.com | talibydos@yahoo.fr+ Publicité
areeba12 sotelgui-banniere

Accord climatique : l’Afrique fait front commun

De longs mois avant la conférence de Copenhague sur le changement climatique, l’Union africaine avait décidé que le continent présenterait un front uni. C’est pourquoi l’organisation avait nommé le Premier Ministre Meles au poste de négociateur en chef pour le continent africain. L’Afrique est souvent reléguée en marge de tels pourparlers internationaux et généralement exclue des tractations qui ont lieu en coulisses. Mais à Copenhague, en se faisant représenter par une seule équipe de négociateurs, les dirigeants africains ont uni leurs efforts pour que le continent puisse se faire entendre.

Les équipes d’experts se sont réunies chaque matin pour coordonner leurs travaux au sein des divers comités de la conférence. Les pays africains ont également joué un rôle de premier plan dans le cadre d’autres groupements. Le Soudan présidant le Groupe des 77 et le Lesotho étant à la tête des pays les moins avancés. 

Le 14 décembre, alors que certains pays envisageaient d’abandonner le Protocole de Kyoto – adopté en 1997 et qui oblige les pays industrialisés y ayant adhéré de réduire considérablement leurs émissions de gaz polluants responsable du réchauffement planétaire – les représentants des pays africains ont momentanément paralysé la conférence en quittant les lieux. Les négociations ont rapidement repris et le Protocole de Kyoto a été préservé.

L’Afrique du Sud, l’économie la plus industrialisée de l’Afrique et source non négligeable d’émissions de gaz à effet de serre, a joué un rôle décisif. Reconnaissant ses responsabilités, le Président sud-africain Jacob Zuma s’est engagé à ce que son pays réduise ses émissions de 34 % d’ici à 2020 et de 42 % d’ici à 2025, avec un appui financier et technique de la communauté internationale.

Lorsque les négociations semblaient vouer à l’impasse, le Président Zuma a envisagé avec d’autres dirigeants africains de quitter les lieux, a par la suite raconté aux journalistes la négociatrice sud-africaine Joanne Yawitch. Mais ils ont décidé qu’il valait mieux rester et continuer à influencer l’issue de la conférence de l’intérieur. Le Président Zuma et plusieurs autres dirigeants africains, dont M. Meles et les représentants du Lesotho et de l’Algérie, ont pris part à une série de réunions informelles regroupant une trentaine de pays, au cours desquelles a été négocié le texte final de l’Accord de Copenhague. S’ils n’y avaient pas participé, estime Mme Yawitch, « peut-être que le texte que nous avons maintenant aurait été pire ».

Des acquis financiers

Grâce à leur mobilisation et à leur participation sans précédent à tous les stades des négociations, les pays africains devraient bénéficier grandement des dispositions financières de l’accord difficilement obtenu à Copenhague. Aux côtés des pays en développement d'autres régions, l'Afrique estime depuis longtemps que, les grandes nations industrialisées ayant le plus contribué au réchauffement planétaire, elles devraient en assumer les coûts. Les pays pauvres comptaient donc obtenir une assistance financière importante, à la fois pour s’adapter aux effets du changement climatique et pour favoriser un développement économique qui ne nuise pas à l'environnement.

L'Accord de Copenhague entérine ce principe. Les pays développés s'engagent à fournir aux pays en développement des « ressources nouvelles et supplémentaires » pouvant aller jusqu'à 30 milliards de dollars pendant trois ans (de 2010 à 2012). Des fonds destinés aux mesures « d’adaptation » seraient affectés en priorité aux pays les moins avancés, aux petits États insulaires en développement et à l’Afrique.

L’accord a fixé pour objectif d’accroître le financement accordé  jusqu’à atteindre environ 100 milliards de dollars par an en 2020,  à condition que les pays en développement prennent leurs propres mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et veiller à une utilisation transparente des fonds extérieurs.

Certains représentants de pays en développement souhaitaient un financement beaucoup plus élevé. L’Union africaine avait estimé avant le sommet, que l’ensemble des pays en développement aurait besoin de 67 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour s’adapter aux effets du changement climatique, en plus de 200 milliards par an pour réduire les émissions, passer à des sources d’énergie plus propres et préserver leurs forêts.

Mais lors de la conférence, le Premier Ministre éthiopien Meles, qui représentait l’Union africaine, n’a cité que les chiffres les plus bas, qui ont en fin de compte été retenus dans l’accord. Il a reconnu que sa proposition allait décevoir certains Africains mais a estimé qu’il valait mieux restreindre les attentes de l’Afrique, « en échange d'un financement plus fiable et d'une participation à la gestion de ces fonds ».

Mais pour de nombreux pays, la fiabilité de ces fonds n'a rien de certain. Le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, souhaitait obtenir l’assurance que ces fonds ne seraient pas prélevés sur les budgets actuels de l’aide au développement, tandis que d’autres participants ont rappelé les nombreuses promesses non tenues des donateurs.

Les défenseurs africains de l’environnement considèrent que cette détermination de l’Afrique sera également vitale lors des prochains cycles de pourparlers sur le climat – deux semaines de négociations à Bonn (Allemagne) en milieu d’année et une autre conférence de haut niveau des Nations Unies prévue à Mexico vers la fin de l’année 2010.

Source :Afrique Renouveau – Nations Unies,
www.un.org/AfricaRenewal

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité

Rafraîchir


Aminata - Les Nouvelles de la Republique de Guinee
Copyright © 2002 - 2010 - All Right Reserved
Développé par FinLyDesign