Saturday, May 25, 2013

Fêtes de fin d’année et misère…

Posted on December 19, 2012
fête de fin d'année

Dans le cadre des préparatifs des fêtes de fin d’année, votre site s’est rendu dans certains marchés de la Capitale Conakry pour faire un constat de visu de l’ambiance qui y règne entre vendeurs et acheteurs.Si dans les années précédentes, en pareille période et pareilles circonstances l’engomma était taille tant dans les quartiers de Conakry que dans les villes de l’intérieur, cette année, il n’en est de même.

Et pour cause! La pauvreté qui est devenue endémique chez les Guinéens, la montée vertigineuse des prix au marché, le tout couronné par le faible revenu des citoyens.

Partout c’est le même mot qui court sur toutes les lèvres. “ça ne marche pas”.

 

Au marché de Madina le plus grand centre commercial du pays, nous avons rencontré une jeune demoiselle du nom de Salimatou Sylla qui s’y était rendue pour des achats pour les fêtes de 24 et de 31 décembre.”J”tais venue pour m’acheter une robe et une paire de chaussures. Mais les prix sont inabordables. L’année dernière pour les mêmes fêtes, j’avais trouvé une robe à 200 mille francs guinéens et une paire de chaussure à 120 mille francs guinéens. Mais cette année, c’est le contraire. Pour la robe que je voulais achetée, on me dit 300 mille et la paire de chaussure 160 mille. Finalement je n’ai rien acheté car mon argent est peu par rapport aux prix. Cette fois-ci je ne pouvoir acheter des nouveaux habits…”

A  Matoto; Mamadi Kaba, propriétaire d’une boutique de prêt-à-porter:”Cette année l’ambiance est différente des années précédentes. C’est à l’approche des fêtes que nous vendons beaucoup. Mais cette vous le voyez, les clients ne se bousculent pas. Sur les 20 clients qui demandent les prix, un ou deux seulement achètent quelque chose. Ils disent que les prix ont augmenté. Mais nous payons la location et c’est dans cette vente que nous nourrissons nos familles. Donc ce n’est pas de notre faute…”

 

Dans le marché de Wanindara, Blaise Haba, technicien et chrétien: “Je voulais acheté des pagnes pour moi et ma petite famille car je compte faire la fête du 24 décembre à la Cathédrale Sainte Marie à Kaloum. Mais pour le moment je n’arrive à trouver le prix des pagnes. L’année dernière, j’avais acheté un pagne à 25.000, cette année pour le même pagne, on me demande 50.000. Et il arrive des jours où je passe ici toute la journée sans voir un client. Mais je compte sur Dieu.”

Mme Djenabou Diallo, femme d’affaires: ” Je suis allée dans une boutique, j’ai demandé le prix d’une robe, on me dit un million de nos francs. Pourtant l’année dernière, javais acheté une pareille à 500 mille francs guinéens. Je ne sais plus où nous allons…”

Comme pour dire qu’en Guinée, c’est toujours le bonnet blanc et le blanc bonnet. Le changement prôné par l’opposant historique devenu Président est loin d’être une réalité tant sur le plan économique que social. Avec cette allure, la sortie de la Guinée et les Guinéens de l’ornière ne pointe pas encore à l’horizon. En tout cas, comme le fredonnait Tiken Jah Fakoly, le leader du reggae contestataire africain, “l’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé”.

 

Bah Ibrahima Gallé, Aminata.com
64-04-07-70
gallebah@gmail.com

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