La famille de l’ancien aide de camps du président Lansana Conté est en colère contre le Président Guinéen. Au domicile du défunt, les réactions sont partagées entre condamnations, révoltes, regret et consternations. Interrogés par Aminata.com, certains membres de la famille au micro de notre reporter accusent Alpha Condé d’être responsable du décès.Read MoreLe président Alpha Condé “directement” responsable
Mohamed Alpha Camara, l’un des fils du défunt soutient que son père était mourant lors qu’il a été admis à l’hôpital: “J’ai revu mon père la dernière fois avant-hier mardi à l’hôpital. Il était gravement souffrant. Ils l’ont gardé en cellule longtemps sachant bien qu’il était malade. Quand ils l’ont envoyé à l’hôpital, c’était trop tard”. Pour Alpha Camara, même si Dieu avait décidé d’arracher l’âme de son papa, le Chef de l’Etat a aussi joué son “rôle” négatif dans ce décès. ” Il [Dieu, ndlr.] a donné le pouvoir au président de la République, Alpha Condé, de tuer mon père” dit-il. Mahawa Camara, la petite sÅ“ur de l’ancien détenu, accuse les autorités d’avoir refusé de libérer le défunt pour des soins. “Il était en prison depuis l’arrivée de Dadis Camara. Alpha (Condé, ndlr) aussi est arrivé. Il l’a fait arrêter. Il l’a fait souffrir. Nous avons tout fait pour obtenir sa libération. Alpha n’a pas accepté” dit-elle. “Tout ce qu’ils nous donneront comme de l’argent, du riz et des vaches, nous n’en voulons pas. Nous préférons cuire les crabes pour survivre.” ajoute Mme Mahawa.
Les autorités accusées de n’avoir pas libérer le défunt à temps
La fille aînée du colonel décédé, Fatoumata Camara, de larmes aux yeux relate les difficultés entreprises par la famille ces derniers temps pour obtenir la libération de leur proche malade. “Nous avons mené de nombreuses démarches depuis d’un mois auprès des autorités de la Sûreté pour obtenir sa libération afin qu’il soit soigné à l’hôpital, en vain. Vendredi dernier, je leur ai demandé de me mettre en garde à vue en attendant que mon père soit soigné, en vain encore. Ils nous lui ont donné vers 17 heures. Nous sommes allés à l’hôpital Ignace Deen. Il était déjà fatigué. Il vomissait.” explique-t-elle. ” Je ne veux plus revivre ce que je viens de vivre. Ma mère est décédée même pas vingt jours. Mon père vient de mourir encore. Mon époux est décédé il y a deux ans” poursuit-elle. La première femme du défunt, Mme Hawa Sylla témoigne: “Il était gravement malade. Nous avons démarché plusieurs fois auprès des autorités, en vain. Si on vient ici, on nous renvoie de l’autre côté. A la dernière minute, ils ont finalement accepté de l’envoyer à l’hôpital.”
La famille n’est pas en possession du corps du colonel Issiagha
Lorsqu’on a demandé à sa fille aîné le programme des funérailles, Fatoumata Camara affirme ne rien savoir parce que dit-elle, le corps du défunt est dans les mains des autorités. ” Hier entre 14 heures 30 à 15 heures, il est décédé. Ils n’ont pas accepté de nous restituer le corps. Il est à la disposition du gouvernement. A cet instant, je ne peux rien dire parce que nous n’avons rien.” La seconde épouse, Aissata Camara s’interroge sur le refus des autorités de restituer le corps à la famille.
La famille se remet à la “volonté de Dieu”
“Nous nous en remettons au Bon Dieu.” assure Hawa Camara. “Dieu a voulu ainsi. Nous nous en remettons à lui. Il est au-dessus du président Alpha Condé.” indique pour sa part sa seconde épouse Aissata Camara. “Les enfants sont là , ce sont des souvenirs précieux de mon grand-frère, c’est plus que l’argent. Si mon frère nous avait donné des milliards, l’argent finira un jour mais les enfants sont là ”
Le colonel Issiagha Camara, ancien aide de camp du président Conté est décédé hier mercredi à l’hôpital Ignaace Deen. Il avait été arrêté par la junte militaire (CNDD) au lendemain de la mort de Lansana Conté. Après le retrait du capitaine Dadis du pouvoir, le général Sékouba Konaté alors président intérimaire de la transition le fait libérer. Il est ensuite interpellé dans le cadre de la présumée tentative d’assassinat contre Alpha Condé. Il figurait sur la liste des 14 qui ont bénéficié de non lieu. En dépit de cette décision, il a continué à croupir avec certains accusés en prison. Récemment la Cour suprême a dans un arrêt cassé la décision du juge. Des proches du général Sékouba Konaté et de l’UFDG ont été nombreux à subir de l’horreur du régime suite à la présumée tentative sur la personne du Président de la République. L’ancien chef d’Etat major de la transition, le général Nouhou Thiam et cie considérés comme proches du général Konaté sont détenus depuis le 20 juillet. Bah Oury a quant à lui obligé de partir en exil en France, ses proches notamment Salifou Soumah sont quotidiennement menacés par le pouvoir de Conakry.
Alpha Oumar Diallo, Aminata.com
alphaayatoullah@yahoo.fr
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