Le pouvoir ivoirien s’est fortement employé à réconcilier les habitants qui se sont livrés une guerre sans merci au moment où Laurent Gbagbo était aux commandes du pays. Les plaies nées d’une confrontation impitoyable entre partisans des forces nouvelles (ex-rébellions) et inconditionnels de l’ex-président sont loin d’être cicatrisées.
A ceci s’ajoutent les affrontements meurtriers et destructeurs intervenus au lendemain des élections présidentielles de 2010 soldées par la mort de 3000 personnes. Tout ceci est renforcé par des positions rivées sur le bien fondé ou non des arrestations de nombreuses personnalités du régime défunt.
Les responsables et militants du FPI estiment que ces arrestations sont arbitraires et que les détenus doivent être libérés avant toute réconciliation. Pour eux, c’est un préalable pour l’instauration d’une paix durable dans le pays. Aujourd’hui que Laurent Gbagbo soit détenu à la Haye pour de nombreuses charges dont des crimes contre l’humanité renforce le sentiment de frustration de ses partisans. Ceux-ci soutiennent que cette arrestation et bien d’autres ne sont pas de nature à apaiser la forte tension qui règne dans le pays. Ils estiment que le procès de leur leader et de ses anciens compagnons n’est rien d’autre qu’une justice des vainqueurs.
Pourtant face à tous les crimes connus et anonymes commis sous le régime de Laurent Gbagbo, il est normal que la justice fasse sont travail d’abord afin que les responsabilités soient situées. Un tel travail permettra à n’en pas douter de mettre un terme aux accusations que se rejettent les camps d’Alassane Ouattara et de Gbagbo Laurent. C’est justement la, tout l’importance du tribunal pénal international qui est une juridiction indépendante sensée de dire le droit sans parti pris.
Cependant, il est incontestable que le résultat du travail du tribunal pénal international sera très loin de résoudre la question épineuse de la réconciliation car, les préjugés, la haine et les rancÅ“urs ne trouveront pas de soutien par un procès. La profondeur de la déchirure sociale fait qu’il faut encore du temps pour aboutir à une réconciliation effective des frères ennemis ivoiriens.
Elhadj Abdoulaye DIALLO pour Aminata.com



















































































































































































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