Wednesday, May 22, 2013

CNT : Les démissionnaires ont-ils regretté, et les autres?

Posted on September 4, 2012

Plus d’une semaine après la démission de trois des conseillers des partis membres du collectif et de l’Adp, suite à l’appel lancé par leurs leaders de retirer leurs représentants au sein des institutions républicaines (gouvernement, CNT et CENI), décision prise le 27 août 2012, en représailles au régime d’Alpha Condé, l’heure est au bilan.
Read MoreMais avant, il convient de revenir sur certains cas qui ne manquent pas d’étonner l’opinion. C’est d’abord le leader du PUD, Elhadj Dr Mamadou Oury Ditinn Diallo, qui se soignerait aux Etats Unis aux frais d’Alpha Condé qui, malgré son appartenance au Collectif et contrairement aux bruits qu’il avait laissé entendre, reste solidement accroché à son siège au CNT.

De l’autre, la représentante de l’UFC d’Aboubacar Sylla (porte-parole du collectif et de l’ADP), Mme Ann Yliassou Diallo, est toujours au CNT. De même, l’autre représentant de l’UFR, l’ancien ministre Maurice Zogbélémou Togba continue de garder sa place. Même si une lettre signée de Sidya Touré récusait l’ancien ministre (considéré comme démissionnaire), ce dernier ne semble pas être concerné par cette décision. Au contraire, Dr Deen Touré de l’UNPG, allié de l’UFR aurait reçu des injonctions de Sidya Touré de rester.

Côté NGR, le magistrat Mohamed Aly Eric Thiam tout comme Dr Sagno Moussa de l’ANP (allié de l’UFR) sont restés également inflexibles à la décision du collectif et de l’ADP, …

Au finish, seuls trois cadres représentant respectivement l’UFDG, le PEDN et NFD ont respecté la décision de leurs mentors. Youssouf Camara, Sékou Béka Bangoura et Boubacar Sidiki Diallo, quelques jours après la décision de l’opposition, ont signé et déposé leurs lettres de démission au Conseil national de transition, CNT.

Mais seulement voilà. Si l’acte de ses trois personnes a été salué par l’opinion, elle-même s’interroge sur la présence quasi permanente des mêmes individus au CNT. Cette semaine, à l’occasion de l’annonce de l’examen de la loi des finances rectificative, bien de conseillers et cadres travailleurs de l’institution se sont étonnés de retrouver les démissionnaires s’afférer dans les couloirs du côté de la paierie pour toucher la prime. Une prime destinée pourtant aux Conseillers en fonction.

D’ailleurs M.Sékou Béka Bangoura du PEND qui serait passé le premier, a été vu à sa sortie avec une enveloppe. Les deux autres faisant le cache-cache dans les commissions et autres bureaux en évitant de croiser certains regards.

Pour certains conseillers, ce comportement peu honorable de nos anciens « parlementaires de la transition » se justifie par le regret qu’ils pourraient nourrir à la suite de leur démission. « Les leaders de tous les trois n’ont jamais fait usage d’un tel acte. Les anciens Pm Dalein et Kouyaté avaient tout à gagner en démissionnant, mais ils sont restés attendre d’être mis à la porte malgré l’appel pressant de leurs compatriotes. L’autre Mouctar Diallo de NFD, avait bel et bien menacé de quitter le gouvernement de transition à l’entre-deux-tours de la présidentielle, mais il n’a jamais joint l’acte à la parole », se contente d’expliquer un conseiller membre de la commission constitutionnelle.

Pour d’autres, « ce comportement n’est pas nouveau en Guinée et surtout dans le milieu politique. Car, dans le passé, en 2002, Jean Marier Doré leader de l’UPG et deux des membres de son parti avaient refusé de siéger à l’Assemblée Nationale, mais ils venaient régulièrement émarger ».

Toutes nos tentatives de rencontrer ou de contacter les trois « ex-CNTétards » se sont révélées infructueux.
Toute fois, malgré l’ampleur du désarroi lié au comportement de ceux qui prétendent s’associer à la gestion du pays, des cadres intègres membres des formations de l’Adp et du collectif n’ont pas manqué l’occasion pour faire valoir leur patriotisme et leur loyauté envers  leurs leaders. C’est notamment le cas des deuxex- ministres du PEDN, Elhadj Souleymane Cissé et Aboubacar Sidiki Koulibaly.

Depuis leur départ du gouvernement de Mohamed Saïd Fofana, malgré les privilèges et la position qu’ils occupaient, ils ne seraient jamais revenus. Même pas pour régler des primes ou s’approprier d’autres avantages.
Au contraire, ils ont rendu du véhicule officiel au plus petit matériel frappé du sceau de l’Etat avant de prendre la porte de sortie.

De même, les représentants de l’UFDG et de l’UFR à la CENI , Elhadj Boubacar Djoba Diallo et Telly Touré, ont décidé de claquer la porte après une multitude de pétitions contre Louncény Camara qui, lui-même a décidé de jeter l’éponge en demandant à sa centrale syndicale de le remplacer au sein de l’institution. Ce qui est fait d’ailleurs depuis cette semaine.

A ce niveau, l’opinion attend de savoir si les véhicules de service des huit démissionnaires sont tous rendus et les autres biens matériels (ordinateurs et accessoires, chéquiers  entre autres). Vont-ils négocier leur retour à la CENI ou bien vont-ils garder la posture et laisser la chance à d’autres cadres de leurs formations de s’essayer.

En attendant, une chose reste évidente, la Guinée est entrain de changer et les Guinéens avec. Ces démissions en cascade et la liberté de ton en sont une illustration et personne ne dira le contraire. Même si certaines mentalités peinent à réaliser cette évidence, l’opinion elle, reste largement gagnée par cette réalité. Ce qui, logiquement devrait inspirer positivement les intellectuels guinéens accusés à tord ou à raison d’être à l’origine du retard exténuant du pays.

B.Abdallah/Aminata.com

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